INTERVIEW. Chamis a bouleversé les coachs de The Voice Kids ce samedi 12 septembre sur TF1. Le jeune homme a confié avoir été victime de harcèlement scolaire. Une violence répétée qui l'a poussé à mettre son énergie dans la musique. Pour Télé-Loisirs, il revient sur son audition à l'aveugle et sur ses années compliquée à l'école.
Ce samedi 12 septembre, les coachs de The Voice Kids ont découvert de nouveaux talents de cette saison 12. En écoutant Chamis, 15 ans, reprendre Les Mots bleus de Christophe, ils se sont immédiatement retournés, provoquant l'émotion de l'adolescent. Pour le jeune homme, participer au télé-crochet est une revanche, lui qui a vécu des années compliquées à cause du harcèlement scolaire.
Au cours de sa scolarité, jugé comme "différent" par ses camarades, Chamis a subi les violences de ses camarades, mais s'en est sorti en se concentrant sur sa passion : la musique. Pour Télé-Loisirs, il revient sur son audition à l'aveugle et se confie sur cette période difficile qu'il a réussi à surmonter.
Chamis a déjà passé les castings de The Voice Kids : "Au dernier moment, j'ai dit non"
Télé-Loisirs : Pourquoi participes-tu à The Voice Kids ?
Chamis : J'ai candidaté quand j'avais 7 ans. J'étais encore tout jeune et au dernier moment, j'avais dit non parce que je ne me sentais pas hyper prêt. Maintenant, ça fait huit ans que je chante et je me suis dit, avec ma coach vocale : "Pourquoi pas tenter cette aventure". C'était un rêve mais aussi un défi que je voulais relever.
Est-ce la première fois que tu chantes sur scène ?
Non. Ça fait huit ans que je suis au conservatoire de la ville de Sète. On a fait plein de représentations. J'ai aussi fait énormément de concours. Beaucoup que j'ai gagnés. La scène, je connais, mais ça n'a rien à voir avec un plateau télé ! Ça, c'était nouveau.
Comment te sentais-tu avant d'aller sur le plateau ?
J'étais très très stressé. En même temps, je me disais que c'est un rêve. On a tellement de stress et d'adrénaline mélangés, et on n'y croit pas forcément, du coup on a un black-out. En tout cas, moi c'est ce que j'ai eu. Je ne me souviens de rien, donc j'attends la diffusion avec impatience pour revoir toutes ces images.
Les camarades de classe de Chamis (The Voice Kids 2026) s'en sont pris à lui car ils le jugeaient "différent" : "C'était hyper bizarre de voir un garçon qui chante"
Pourquoi dis-tu dans ton portrait qu'on te trouvait différent ?
Je suis dans la musique depuis tout petit. En primaire, je faisais beaucoup de musique, j'avais beaucoup de conservatoire, je m'y consacrais vraiment pour mon âge. J'étais très calé sur ça. Pour certains, c'était hyper bizarre de voir un garçon qui chante.
Tu confies avoir été victime de harcèlement à l'école. Quand cela a-t-il commencé ?
Ça a duré de mon début de CE2 à la 6e. Ça a duré hyper longtemps. Ça ne s'arrêtait pas, mes parents ont envoyé des lettres et ont saisi l'académie. On a tout fait, mais personne n'a voulu bouger.
En 6e, on a été contraints de déménager parce que mes harceleurs de la primaire m'ont suivi jusqu'au collège. Ça s'était encore plus envenimé. Un peu après le début du harcèlement scolaire, j'ai commencé la musique au conservatoire. C'est pour ça que je dis qu'à cause ou plutôt grâce au harcèlement que j'ai subi, j'ai vraiment commencé la musique.
Chamis (The Voice Kids 2026) revient sur le harcèlement qu'il a subi : "Je suis rentré chez moi en pleurs"
Quel a été le déclic pour finalement en parler à ta famille ?
Ça faisait hyper longtemps que je subissais. À un moment donné, dans le bus, on m'a pris ma carte et on l'a déchirée en mille morceaux. Je suis rentré chez moi en pleurs, mes parents savaient bien que quelque chose se passait, parce qu'à chaque fois j'arrivais à trouver une excuse.
Là, j'ai tout dévoilé, ils sont restés un peu sous le choc, mais ils ont pris tous les outils qu'ils avaient pour se battre.
Ça a dû être un soulagement d'en parler...
Ah oui, très clairement. C'était vraiment un soulagement parce que je rentrais tout le temps avec la boule au ventre. Des fois, je prenais le bus d'après pour ne pas être avec mes harceleurs. C'était horrible. Je ne vivais plus, je survivais.
Aujourd'hui, comment te sens-tu ?
Je me sens vraiment bien. Avec la musique et The Voice Kids, on rencontre du monde. On rencontre des garçons et des filles qui traversent les mêmes situations que moi. On se complète, on apprend. Peut-être qu'on a cette différence, mais on crée des liens.
C'est un peu le message que tu veux faire passer en participant à The Voice Kids ?
Oui. Le harcèlement scolaire, le harcèlement tout court, est encore trop banalisé. Je pense à tous les jeunes qui ont fait la rentrée et qui sont rentrés avec la boule au ventre. C'est quelque chose que j'ai vécu.
Et je voulais rappeler que j'ai réussi à m'en sortir avec la musique, et qu'il y a plein d'autres moyens de s'en sortir. Ils ne sont pas seuls.
Pour ton audition à l'aveugle, tu chantes Les Mots bleus, pourquoi ?
Je ne connaissais que le refrain ! Les Mots bleus, ça parle d'une histoire d'amour, mais quand j'ai appris la chanson, j'ai retenu que les mots bleus, c'est peut-être aussi les mots bleus que j'avais envie de donner quand j'étais harcelé.
Les quatre coachs se sont retournés. Comment l'as-tu vécu ?
C'était incroyable ! Je ne pensais pas qu'ils allaient se retourner. C'était aussi un soulagement. C'est incroyable de se dire qu'on s'est battu pendant presque un an pour réussir à aller sur ce plateau. On y est arrivé, et tous ceux qui nous ont dit qu'on n'allait pas y arriver, on peut leur prouver que tout est possible.
Pourquoi étais-tu très ému à la fin de ta prestation ?
C'est le stress et l'émotion qui redescendaient. Le fait de me dévoiler aussi sur ce plateau devant autant de gens, devant les quatre coachs et de voir qu'il y a quand même plusieurs millions de téléspectateurs, c'est fou !
Chamis a été touché par le discours de Santa après son audition à l'aveugle dans The Voice Kids 2026 : "J'ai senti une connexion"
Pourquoi as-tu choisi de continuer avec Santa ?
Santa m'a beaucoup touché sur le plateau, et d'après ses paroles, c'est quelqu'un qui a aussi vécu le harcèlement. Je me suis reconnu à travers elle. Elle est venue, elle m'a fait un câlin et j'ai senti une connexion, que c'était avec elle que je devais faire l'aventure.
Est-ce que ton choix était fait d'avance ?
Je m'étais dit : "C'est soit Patrick, soit Santa". J'ai chanté ma chanson, j'étais tellement concentré et quand j'ai vu les quatre, on a parlé, et à la fin j'avais oublié qu'il fallait en choisir un ! J'y suis allé au feeling.
Et Santa, elle est comment comme coach ?
Elle est vraiment incroyable, hyper gentille et hyper proche. Elle nous a donné plein de bons conseils. C'était génial. C'est quelqu'un qui prend du temps.
